Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 07:50



Aujourd'hui j'ai fait le choix de sortir encore pour prendre l'air.
Je sors souvent il est vrai. Surtout si le temps le permet. En ce moment ça se radoucit. Il Pleut. Entre deux éclaircies.

Je me suis donc décidé à faire une sortie de Kanoe sur la rivière qui traverse Banff. 5$ l'heure, c'est pas trop cher ;-)
Précisément, Il me semblait avoir besoin de sortir pour décompresser.
Je fais souvent du sport, mais il me fallait sortir de ce milieu "exigent" dans un sens...Pour se changer les idées. Et oui! il y en a besoin même ici!

Et c'est surtout pour échapper à mes collègues que je vois tout le temps, et avec qui finalement, dû à mon anglais encore limité, je n'arrive pas à vraiment avancer.

Je sais! Patience! tout vient un jour ou l'autre.

Pour schématiser,
Quand on doit sociabiliser dans une langue que l'on ne possède pas, on ne se reconnaît pas. Et les autres de vous reconnaissent pas non plus.
Il est plus difficile de suivre les conversations de groupe. De personne à personne, il est toujours possible de prendre le temps nécessaire, mais quand il faut suivre un groupe, alors, vient ce sentiment spécial et récurrent d'exclusion, quand tout à coup, à force de concentration, on lâche le fil, alors que le meilleur est encore à venir.
C'est frustrant!
Donc, je passe mon temps à écouter, et puis quand j'ai l'occasion, j'essaie de réagir aux conversations, de parler de moi et de raconter mes impressions, mais c'est souvent  des essais pénibles à transformer!
Comme un joueur de rugby, partant à chaque fois du fond de son terrain pour aller poser son ballon derrière les défenses adversaires, derrière la ligne, loin au fond...Oups...perdu le ballon. Retour à la case départ.
Alors il faut prendre sa respiration, et garder son sang froid. Et son courage. Sa confiance.

Les premiers jours c'est facile!
Mais après, il faut "maintenir" et là, les ressources sont plus difficiles à trouver.

Depuis une semaine, c'est donc "Ecoute", "Concentration", sans dire un mot (je parle donc moins...) et "parler" enfin!! si la vague se présente et que j'ai encore l'énergie de grimper habilement sur ma planche de surf...
WoW! vertigineux parfois.

Donc, il arrive que l'on sature, et c'est le cas souvent. Vu le débit de parole des autochtones, c'est souvent mission impossible. Donc, isolement pour un temps, un jour... et on retourne à ses moutons, on se programme une petite sortie kanoe et tout s'équilibre à nouveau.

Le plus frustrant est qu'il est difficile de se faire comprendre.
Pas évident de s'exprimer sincèrement, donc difficile d'être reconnu et compris par les autres. On se sent un peu en dehors du monde, alors que bien présent physiquement, et sans avoir la possibilité de vivre et de s'émouvoir vraiment, ou d'investir toutes ses émotions réellement.
L'impression de ne vivre qu'à moitié.

Jusqu'au moment où petit à petit, à force d'abandon, d'attente et d'écoute, de disponibilité et de modestie (oh oui! il en faut pour accepter de passer ne serait-ce qu'un repas sans décrocher un mot, pour x raisons!! et de ne pas se reconnaître dans ce "personnage"), alors, A FORCE, on gagne le pactole, on suit la vague avec les autres, on arrive à se confier à une, puis deux, puis trois personnes qui deviennent soudain plus proche. Et OUF!!
Enfin, tout se qui était retenu à l'intérieur peut ressortir...Une bonne vidange de temps en temps...c'est très sain!

Bref!!!
Tout est ultra naturel. N'empêche, à vivre, c'est très intense...Et ça permet de se remettre à notre vraie place...Celle qui se dresse là, dans l'immédiat, faite de son juste bagage personnel.

Quel cadre!!!
Et du kanoe, sur une rivière bleu turquoise comme celle-là, jonchée de tronc d'arbre étalés de toute leur longueur, c'est fantastique! Aussi excitant que des aventuriers partis pour un raid sans fin, au milieu de cette flore et cette flore impénétrable!
Et puis le vent, un vent fort, à précipiter les nuages contre les falaises, il nous ralentit considérablement et fait gîter notre frêle embarcation ! (malgré nous six bras moteurs et notre poids sculptural ),
Et au bout d'une demi heure , il finit par nous immobiliser , au milieu du bras d'eau, avec l'aide du courant...
Raaahhh!
Alors, On rebrousse chemin. Nous n'irons pas plus loin.

Le retour est bien plus paisible, les doigts se réchauffent, et nous frisons avec la houle..les arbres défilent.

On vole!!


Par MatCastor&Co - Publié dans : Impressions
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